Interview

Interview avec Thierry Chavel, Coach, superviseur et auteur, co-directeur HDR de l’Executive Master Coaching - Développement Personnel en Entreprise,
d’Assas Executive Education

Thierry Chavel

"La pluralité des approches est un incontournable pour former sans formater de futurs coachs"

Thierry Chavel sur la diversité d’intervenants dans la formation.

Qu’est-ce qui caractérise le coaching professionnel aujourd’hui ?

« C’est à la fois une discipline de développement managérial, une profession libérale et un marché.

La discipline est aujourd’hui usuelle dans les programmes d’executive education intra- ou inter-entreprises. A côté du co-développement, du mentoring et d’ateliers créatifs, le coaching professionnel permet à des cadres de ressources humaines, responsables formation et des coachs internes de pratiquer l’écoute, le feedback et la mise en place d’objectifs avec efficacité et respect.

En tant que métier, le coaching professionnel apparu dans les années 90 en France est désormais à maturité. Avec une approche centrée sur le développement individuel au travail, le coaching professionnel est un champ distinct du développement personnel et de la psychothérapie. Des consultants en management, des chasseurs de têtes et des formateurs adhèrent à l’un des 4 syndicats professionnels (SF Coach, ICF, EMCC et SYMAC) comme gage de sérieux.

Quant au marché du coaching en France, les études attestent qu’il continue à croître de 15% au cours des quatre dernières années : il s’établit à 750 M€ en France pour 15 000 coachs en exercice, sur un marché global de 5,3 Md$ et 122 000 coachs dans le monde (source : Etude PwC pour ICF en 2025 ICF Global Coaching Study | Insights on Professional Coaching). »

Qu’est-ce qui distingue cet Executive Master des autres formations en coaching ?

« Dans la jungle des formations au coaching, il est difficile de se repérer. Formation de référence dans le monde académique francophone, l’Executive Master Coaching – Développement personnel en entreprise d’Assas Executive Education a quatre caractéristiques distinctives :

  1. Reconnue : première formation créée à l’université en 2003, premier diplôme d’Etat depuis 2008, cursus de 9 mois à la fois professionnalisant et certifiant, sanctionnée par une journée d’examens écrits et une soutenance orale de mémoire.
  2. Sélective : des promotions limitées à 25 stagiaires issus de tous horizons, avec un taux de sélectivité moyen de 28% en moyenne sur les 25 dernières années.
  3. Pluridisciplinaire : 27 intervenants pour 2/3 praticiens expérimentés du coaching, couvrant tous les courants et techniques de la maïeutique tels que la psychanalyse, les thérapies cognitivo-comportementales, la Gestalt, la systémique, et des fondamentaux de la théorie des organisations et du développement du leadership tels que l’approche sociologique, l’enquête appréciative, le servant leadership, la spiritualité en management.
  4. Transformante : formation continue en présentiel sur 9 mois, comprenant des ateliers didactiques, des cours sur les outils majeurs du coaching, des séminaires de découvertes d’approches innovantes en développement des RH, un module de rencontres avec des spécialistes du coaching issus de grandes entreprises comme Thalès, Cisco Systems,  TotalEnergies ou Veolia, un tuteur professionnel par étudiant, c’est un voyage initiatique qui mobilise l’intelligence rationnelle et l’intelligence émotionnelle des étudiants. »

Comment se traduit concrètement l’approche éthique et systémique du programme ?

« Un mot clé parcourt l’ensemble des interventions : le cadre. Un séminaire introductif pose les règles essentielles à la profession dans le cursus que sont la confidentialité, la réflexivité et l’attention portée à une communauté pédagogique d’adultes soustraite aux intentions marchandes. Le parcours heuristique des séminaires et du tutorat accompagne au fil de l’année un triple questionnement qui structure l’identité professionnelle des futurs coachs : Quelle est mon anthropologie sous-jacente en tant que praticien ? De quels courants épistémologiques est-ce que je me réclame ? Quelles valeurs déontologiques fondent mon approche ? »

En quoi la diversité des intervenants est-elle un atout pour les participants ?

« Pour éviter tout prosélytisme dans un métier parfois tenté par des sectarismes, la pluralité des approches est un incontournable pour former sans formater de futurs coachs. Au fil des séminaires créatifs et introspectifs, du tutorat et des rencontres avec des pionniers ou référents du coaching, chacun des étudiants se forge sa propre réalité de coach professionnel, en pleine responsabilité et avec un rattachement assumé à ce master. La devise ici est « faire école sans être une école de coachs ».

À quels profils s’adresse principalement cette formation ?

« A tous les acteurs du développement humain en entreprise, qu’ils soient managers, spécialistes en ressources humaines ou consultants. Il n’y a aucune limite ni seuil d’âge. Trois prérequis sont examinés dans chaque dossier de candidature : l’expérience de travail sur soi, la motivation à pratiquer du coaching, et l’ouverture sur l’interdisciplinarité en gestion. »

Quelle évolution observez-vous chez les participants ?

« On observe un accroissement des candidatures de sexe masculin, traditionnellement moins représentés dans cette profession du soin et de l’accompagnement. 10% des promotions sont aujourd’hui des étrangers venant du monde entier, avec déjà un bagage didactique et introspectif. Enfin, la proximité avec l’entreprise est grande, y compris parmi des coachs en devenir ayant une formation initiale atypique comme les métiers du spectacle, de la psychothérapie ou du médico-social. »

Quels débouchés après la formation ?

« Tous les anciens élèves pratiquent différemment leur métier après l’année universitaire du master. 2/3 d’entre eux se lancent dans le coaching comme « pure players », tandis qu’1/3 ajoute à sa palette de compétences existantes un volet coaching. Et l’association des diplômés sCoup | Société Coachs Université Paris II offre un lieu privilégié très dynamique sous la forme de co-vision, de rencontres insolites et de formations ad-hoc l’aventure de formation continue au coaching à ceux qui le souhaitent. »

Quelles sont, selon vous, les qualités clés d’un bon coach ?

« Ce serait assez présomptueux de répondre à cette question, tant il y a de situations – sectorielles, culturelles, humaines – auxquelles répondent autant de styles de coaching (spécialistes ou holistiques, collectif ou individuels, professions libérales ou salariés en cabinet). Mais on peut au moins lister les incontournables déontologiques : être supervisé dans sa pratique, écouter en suspension de jugement, donner généreusement du feedback, en conscience de ses projections et des forces invisibles à l’œuvre dans la relation à autrui. »

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